Violences policières : « I can’t breathe — Je n’arrive plus à respirer »

Article : Violences policières : « I can’t breathe — Je n’arrive plus à respirer »
1 juin 2020

Violences policières : « I can’t breathe — Je n’arrive plus à respirer »

George Floyd, cet afro-américain tué par la police lundi dernier à Minneapolis, une ville située dans l’État du Minnesota, est mort par étouffement. Une nouvelle victime de violences policières outre-Atlantique. Cela a engendré de violentes manifestations à travers le pays, reflets du ras-le-bol et de la colère des populations, notamment afro-américaines, face à une situation qui n’est malheureusement pas nouvelle.

Minneapolis le 25 mai 2020

Meurtre de sang-froid par la police : l’histoire ne cessera-t-elle donc jamais de se répéter ?

Les Etats-Unis, théâtre d’une énième bavure policière qui témoigne du racisme qui sévit dans le pays.

Dans la soirée du 25 mai 2020, George Floyd, un afro-américain de 46 ans a trépassé par asphyxie suite à un contrôle de police. Il a été interpellé par quatre officiers alors qu’il était dans sa voiture, menotté, puis plaqué au sol. L’un d’eux, Derek Chauvin, alors âgé de 44 ans, le maintenait à terre avec aplomb à l’aide de son genou faisant pression sur le cou de sa victime. Mais que s’est-il passé au courant de cette interpellation musclée pour qu’ils en arrivent là ? Avant les faits, l’homme se trouvait dans sa voiture. Il tentait, semblerait-il, d’écouler un billet de 20 dollars, sous le regard désapprobateur des agents.

Suite à cela, la toile s’est embrasée. Depuis plusieurs jours, d’Instagram à Facebook, en passant par Twitter, Internet est le théâtre de la colère des uns et des autres. Une vidéo retraçant fidèlement les faits montre ce crime macabre et la froideur dans le regard de Derek Chauvin qui ne semblait exprimer aucun regret. Pendant plus de huit longues minutes, George Floyd, plaqué au sol et respirant avec peine, hurlait à l’agonie et marmonnait ces mots poignants : « Please, I can’t breathe. My stomach hurts. My neck hurts. Everything hurts. They are going to kill me. » Voilà les derniers mots de Georges Floyd, ayant précédé sa fin tragique sous le regard offusqué, outragé, indigné, éploré, anéanti des internautes.

S’agit-il là encore d’une énième bavure policière à caractère raciste ? Une chose est sûre ; cette affaire fait froidement écho à la mort de l’afro-américain Éric Garner qui, le 17 Juillet 2014, à New York criait « I can’t breathe » (je n’arrive pas à respirer) sous l’emprise d’un policier blanc qui le plaquait au sol. Ce ne furent malheureusement pas les seuls. Trayvon Martin (ayant inspiré le hashtag twitter #BlackLivesMatter en 2013), Jonathan Ferrel, John Crawford, Ezell Ford, Laquan McDonald, Akai Gurley, Tamir Rice, Eric Harris, Walter Scott, Freddie Gray, Sandra Bland, Samuel Dubose, Ahmaud Arbery ; tous victimes de violences policières, des victimes noires parmi tant d’autres, révèlent les failles au sein de la police américaine, un racisme systémique pointé du doigt par certains.

Face aux violences policières, la France n’est pas en reste

La police française n’est pas laissée pour compte face au racisme envers les minorités subsahariennes et maghrébines entre autres. On peut notamment évoquer les noms d’Amin Bentounsi, d’Adama Traoré, de Théo, ce jeune banlieusard d’Aulnay-sous-Bois qui a subi une arrestation suivie d’un viol en 2017, ou plus récemment, lors de la période de confinement en avril dernier, de ce jeune motard qui a eu la jambe fracturée lorsque la portière d’un officier de police fut ouverte. Ce fut au moment où ce-dernier arrivait à vive allure. Malgré cela, l’expression « bavures policières » est quant à elle brandie d’une part et dénoncée de l’autre. Ces bavures sont des violences policières, il faut les qualifier comme telles.

Nul ne peut nier la présence de brebis galeuses au sein d’une majorité de policiers soucieux de la justice et faisant leur travail avec éthique. Par ailleurs, cela ne doit pas être un argument pour étouffer le combat contre le racisme qui sévit dans ce milieu, en France, aux États-Unis ou ailleurs. Face à l’impunité, ces noms, à jamais résonneront dans nos cœurs et dans nos têtes remplies de pensées pacifiques et désertées par la haine.

#GeorgeFloyd #BlackLivesMatter

George Floyd a été ainsi plaqué au sol pendant plus de 8 minutes avant de mourir etouffé
Partagez

Commentaires

Madiop diagne
Répondre

Bonsoir Aicha. Je partage ton indignation. J estime meme que tant nous qui sommes dans la Diàspora comme les gens en Afrique devrons faire plus. J aurai pu te donner plus de données d actes racistes ici en Espagne, surtout au Sud dans les champs.Permet moi simplement ma fille, d en profiter pour aussi denoncer notre indignation selective. Tout abús, tout excés des forces de l ordre, toute humiliation devrait etre condemnes.
Je suís a ta dis position en cas de besoin. Du courage!

Aicha
Répondre

Bonjour, je vous remercie pour votre commentaire ! Je suis tout à fait d’accord ! Toutes ces injustices doivent être dénoncées ! Je suis à disposition pour de plus amples informations à ce sujet relatif à l’Espagne !

Mame
Répondre

Merci pour ce cri du cœur. Le racisme doit être combattu partout. Les Afro américains ne méritent pas le traitement que les policiers Américains leur réserve.

Aicha
Répondre

Absolument ! La France aussi doit prendre ses responsabilités vis-à-vis de ce fléau !

Mame Mor
Répondre

Ce qui se passe actuellement aux USA est vraiment inquiétant. Quand des citoyens sont à ce point méprisés juste à cause de leur couleur de peau y'a de quoi s'indigner.

Aicha
Répondre

Tout à fait d’accord ! Et malheureusement ce n’est pas tout récent !